70 ans au service de l’Algérie

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Chef historique incontesté de la Révolution de Novembre et militant aussi farouche qu’infatigable de la démocratie, le destin de Hocine Aït Ahmed s’est confondu avec celui de l’Algérie.
Issue d’une famille modeste de la Grande Kabylie, Hocine Ait Ahmed a vu le jour le 20 août 1926 à Ait Yahia dans la daïra de Aïn El Hammam, wilaya de Tizi Ouzou. Agé d’à peine 19 ans, le jeune lycéen est déjà un leader dans sa région natale de Aïn El Hammam. L’apprenti révolutionnaire décide d’arrêter les études, après avoir décroché une première partie du baccalauréat au Lycée de Ben Aknoun, et se consacre entièrement à la politique, chez lui en Haute Kabylie. Radical depuis les massacres du 8 Mai 1945, il se trace l’objectif de pousser le PPA, qu’il a rejoint à Alger dès 1942, vers l’option d’une lutte armée. En février 1947, Hocine Aït Ahmed propose la création d’une Organisation spéciale (OS). Cette organisation paramilitaire est dirigée par Mohammed Belouizdad, secondé par Aït Ahmed. Ce dernier devient, en outre, membre du comité central (CC) et du bureau politique (BP). En novembre 1947, Madjid, de son nom de guerre, prend la tête de l’OS, en succédant à Belouizdad, gravement malade. Dans ce cadre, le chef national de l’OS organise l’attaque de la Grande-Poste d’Oran, conjointement avec le chef régional de l’Oranie, un certain Ahmed Ben Bella. Grâce à la planification des deux hommes, un commando de l’OS passe à l’action le 5 avril 1949. Sur le plan politique, le Mtld est au bord de l’éclatement. Les autorités coloniales découvrent l’OS et arrêtent des centaines de militants. En octobre 1951, il est exfiltré d’Alger dans un bateau, en partance vers Marseille. En janvier 1953, il prend part à la première conférence des partis socialistes asiatiques à Rangoon (Birmanie). Il profite de ce voyage pour se rendre au Pakistan, en Inde et en Indonésie pour créer des comités de soutien à l’autodétermination du peuple algérien.Le 1er Novembre 1954, Aït Ahmed, Khider et Ben Bella étaient au Caire pour rendre publique la proclamation du Front de libération nationale (FLN). En avril 1955, Hocine Aït Ahmed conduit une délégation algérienne à l’historique Conférence de Bandung. Au début de l’année 1956, Aït Ahmed et son compagnon M’hamed Yazid réussiront à ouvrir un bureau du FLN auprès des Nations unies à New York. Le 22 octobre 1956, l’avion d’Air Atlas, à destination de Tunis, a été détourné vers Alger avec à son bord cinq chefs du FLN: Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf. A la signature des accords d’Evian, le 19 mars 1962, tous les prisonniers politiques ont été libérés. Si El Hocine démissionna de toutes les instances révolutionnaires, fin juillet.
Lors d’un meeting populaire organisé au centre-ville de Tizi Ouzou, le 29 septembre 1963, Aït Ahmed et le colonel Oulhadj proclament officiellement la création du Front des forces socialistes (FFS) qui privilégiait une résistance politique, sans négliger pour autant la voie militaire défensive. Il a été arrêté à Aïn El Hammam, en octobre 1964 en compagnie d’Ali Mécili. Le chef du FFS est emprisonné à Lambèse (Batna) puis à la prison d’El Harrach. Condamné à mort, il bénéficie d’une grâce présidentielle en 1965 et s’évade le 1er mai 1966, il se fait la belle. Exilé en Suisse, il se consacre aux études de droit. Ce sont les jeunes militants du FFS comme Rachid Halet, Saïd Khellil, Djamel Zenati, Saïd Sadi, Ferhat M’henni, etc., qui ont mené la révolte du 20 Avril 1980, communément appelée «Printemps berbère». Cinq ans plus tard, Hocine Aït Ahmed accepte de se réconcilier avec Ahmed Ben Bella. Les deux frères-ennemis animent ensemble la conférence de Londres, le 16 décembre 1985. Hocine Aït Ahmed rentre à Alger le 15 décembre 1989. Il est reçu à l’aéroport en héros national par des milliers de personnes. Le plus vieux parti d’opposition décide de prendre part aux élections législatives, prévues en juin et reportées au mois de décembre. Au premier tour de ces élections, le 26 décembre 1991, le FIS dissous remporte la majorité des sièges. Le FFS arrive en deuxième position avec 25 sièges. Après la démission de Chadli, le 9 janvier 1992, il dénonce «un coup d’Etat». Depuis l’assassinat de Boudiaf, un contexte de guerre civile règne en Algérie. Dans ces conditions délétères, le FFS organise la rencontre de Sant’ Egidio (Italie), le 13 janvier 1995. La dernière tentative personnelle d’Aït Ahmed de bâtir un projet de consensus national remonte à septembre 2007. Il a initié une alliance politique avec Abdelhamid Mehri et Mouloud Hamrouche, baptisée l’«Initiative des trois». Son objectif était de trouver une sortie de crise consensuelle.
Cérémonie de recueillement au FFS
Le Front des Forces socialistes organise un recueillement commémoratif du 2ème anniversaire du décès de son président fondateur, feu Hocine Ait -Ahmed, aujourd’hui, devant sa tombe à Ath Ahmed à la commune d’Ait Yahia à partir de 9h00.
Les ossements de son père rapatriés de Tunisie
Dans la plus stricte intimité familiale, les ossements du père du défunt Hocine Aït Ahmed ont été rapatriés, il y a quelques jours de Tunisie pour être ré inhumés aux côtés de son fils, dans son village natal, Aït Yahia dans la commune de Aïn El Hammam à Tizi Ouzou. Le père de Hocine Ait Ahmed est mort et enterré en Tunisie en 1958.