Abdelkader Ouali l’a annoncé La facture d’eau va augmenter

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La déclaration de Abdelkader Ouali vient battre en brèche tous les discours dans lesquels on affirmait que le prix de l’eau ne connaîtra aucune hausse. Une véritable surcharge pour les ménages mais beaucoup plus pour les pauvres et les smicards. Selon Abdelkader Ouali, une nouvelle tarification de l’eau est en cours d’étude qui déterminera le barème en fonction de la catégorie des utilisateurs (opérateurs économiques, ménages…).

Par Meriem Benchaouia

Le gouvernement poursuit sa politique de réduction progressive de subvention. Ainsi, après les augmentations prévues par la loi de finances 2017, c’est au tour de l’eau qui coûtera plus chère. L’annonce en a été faite hier par le ministre du secteur sur les ondes de la Radio nationale. La déclaration de Abdelkader Ouali vient battre en brèche tous les discours dans lesquels on affirmait que le prix de l’eau ne connaîtra aucune hausse. Une véritable surcharge pour les ménages mais beaucoup plus pour les pauvres et les smicards. Selon Abdelkader Ouali, une nouvelle tarification de l’eau est en cours d’étude qui déterminera le barème en fonction de la catégorie des utilisateurs (opérateurs économiques, ménages…). Ce futur système qui permettra de pallier le gaspillage de l’eau qui a atteint des dimensions alarmantes, épargnera les ménages qui ne dépasseront pas une certaine quantité de consommation d’eau, a-t-il expliqué. Cependant, le ministre n’a pas donné d’échéance pour l’entrée en vigueur du nouveau système de tarification.

Il a précisé quand même que l’application de cette nouvelle tarification a été étudiée de manière à «épargner» les quelque 18 millions d’Algériens ne consommant «pas plus» de 25 mètres cubes par trimestre, laissant entendre, qu’au-delà, ceux-ci auront à s’acquitter d’un montant supplémentaire, compte tenu du principe, a-il-dit, du qui «consomme plus, paye plus». A ce propos, il a fait valoir qu’il ne serait pas question que l’eau soit cédée aux activités industrielles, touristiques, aux commerçants qui ont des douches ou aux limonaderies au même prix que celui des ménages. «La tarification doit être conforme au niveau de consommation. Il n’est pas question que l’eau soit vendue au même prix à l’activité industrielle, à l’activité touristique, aux commerces qui consomment beaucoup d’eau comme les douches, les bains maures, les lavages-autos, les limonaderies, qui vont payer le prix de l’eau au même titre que le citoyen dans son domicile», a-t-il-soutenu. Il a justifié cette prochaine hausse par le coût de production de l’eau dont le prix, a-il- dit, était de 70 dinars le litre, lequel était «revendu à 6,3 0 DA» pour tous.

Cette situation a entraîné un déficit de l’ordre de 10 milliards de dinars à l’Algérienne des eaux, l’organisme chargé de gérer cette ressource. Il a signalé, par ailleurs, que 5 nouveaux barrages allaient être opérationnels en 2017 et quatre autres en 2019, qui viendront s’ajouter aux 31 construits au titre du programme quinquennal, inauguré en 1999 et aux 44 existants par le passé, soit un total de 75 ouvrages hydrauliques. Afin d’optimiser les ressources hydriques du pays et sécuriser, ainsi, les besoins en eau des populations et de l’économie, le premier responsable du secteur a indiqué qu’un prochain plan quinquennal prévoyait de lancer la construction de 45 nouvelles infrastructures de même nature. Evaluant la consommation d’eau en Algérie à environ 3,6 milliards de m3, il a révélé que près de 1,6 million de m3/jour était l’objet de «gaspillage», en raison, a-t-il expliqué, d’un réseau d’acheminement défectueux, sur lequel les travaux effectués ajoutés à la lutte menée aux branchements illicites, ont permis de remobiliser «entre 600 000 à 1,2 million de m3/jour».