APRÈS AVOIR FAIT SA 5ÈME VICTIME HIER : Le jeu « Blue Whale » interdit en Algérie

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Hier matin, un enfant de 15 ans s’est suicidé. Encore un. Le cinquième adolescent qui s’adonnait au jeu «Blue Whale» (baleine bleue), a été retrouvé pendu dans un poulailler dans la commune de Taya. Le danger étant là, les autorités algériennes ont décidé de réagir. Et heureusement d’ailleurs! L’accès à l’application Blue whale Chalenge, ce jeu macabre incitant les jeunes au suicide, sera interdit dans une semaine. L’information a été révélée par la juge Meriem Chorfi, responsable de la Délégation nationale pour la protection des enfants (Dnpe). Interrogée par Ennahar TV, elle a indiqué que ce «jeu incitant au suicide sera inaccessible depuis l’Algérie d’ici la semaine prochaine». Le jeu morbide en vogue sur les réseaux sociaux a fini, et à juste titre, par inquiéter les autorités. Les parents appelés à la plus grande vigilance, ont déjà exprimé leurs angoisses. Ces derniers ont tenté de s’organiser sur les réseaux sociaux pour faire face à cet inquiétant phénomène et attirer l’attention des autorités. Avec cette décision d’arrêter l’accès au jeu, l’Algérie vient de se prémunir d’un danger certain qui guettait ses enfants. Reste à savoir maintenant de quelle façon, l’Etat va garantir l’interdiction à cet accès. Certes, il sera fait appel au «génie» des informaticiens pour la mise en place d’un proxy ou autres moyens de filtrage permettant de bloquer l’accès à la plateforme de ce jeu sur les réseaux sociaux à partir de l’Algérie, mais également pour les androïdes où le jeu est librement accessible sur l’application Play Store. Cependant, dans ce monde où l’information est instantanée, il existe des VPN (virtual private Network) qui permettent de contourner le blocage et qui sont en plus gratuits sur Internet. C’est là une preuve du danger d’Internet dont l’accès à des informations parfois très nuisibles reste illimité. Si en Chine, le gouvernement s’attaque à l’entrave des VPN, en Algérie, on n’en est pas encore là. Du reste, il faut penser à une large campagne de sensibilisation qui accompagne la décision de blocage du jeu de la baleine bleue. Cette campagne devra compter sur la participation de tout le monde: les parents, le ministère de l’Education, les psychologues et autres sociologues ainsi que les services de sécurité. Chacun devra apporter son grain de sel afin d’accompagner les enfants durant leur parcours dans la vie vers l’âge adulte. Car même si le jeu est absurde, il est autant dangereux. Pour preuve, les challenges du jeu ont réussi à attirer, comme un aimant, les enfants, connus pour leur fascination par le mystère et doublement, par la mort. Selon les psychologues «les jeunes ont toujours exprimé le besoin de se tester. Ils recherchent l’adrénaline, malheureusement parfois à n’importe quel prix». Mais aujourd’hui, les défis se multiplient sur Internet. «La communauté virtuelle encourage à relever ces défis et ils deviennent plus dangereux», estiment les psychologues qui parlent également de «l’effet de masse (qui) est problématique. L’envie de se singulariser est donc plus grande aujourd’hui.» Là réside le danger avec Blue Whale Challenge dont les défis atteignent l’horreur. Surtout si on précise que dans ce jeu, lancé en 2015 par des utilisateurs anonymes sur le réseau social russe V Kontakte et qui est devenu avec plus de 410 millions d’utilisateurs enregistrés, le cinquième site le plus populaire du monde, chaque joueur a un mentor. De l’aveu même d’adolescents étrangers qui ont participé à ce jeu, les joueurs sont sous l’emprise d’un parrain qui annonce aux joueurs la date de leur mort. Selon eux, le parrain connaîtrait le numéro et même l’adresse de ses disciples et va jusqu’à les menacer de les tuer s’ils ne poursuivent pas les défis. Des jeunes ont donc eu le courage d’appeler à l’aide comme c’est le cas de Sarah, une adolescente suissesse qui, sous l’emprise d’un parrain, aurait réalisé presque une vingtaine d’étapes avant d’appeler à l’aide l’association de soutien aux jeunes Telme, située à Lausanne pou expliquer qu’elle se sentait menacée par la personne qui la parraine dans le «jeu». D’autres ne l’ont malheureusement pas fait. Il s’agit d’adolescents fragilisés qui ont mordu à l’hameçon. Selon Raphaël Trémeaud, directeur de l’association Ciao qui vient en aide aux jeunes en Suisse «Si ce défi est bien réel, il serait alors très organisé et proche d’un embrigadement sectaire». S’agit-il d’une secte qui pousse les jeunes au suicide? Possible. Il se pourrait même qu’il s’agisse d’une expérience dans le domaine de la manipulation des masses. C’est du moins ce que pense le chef du Centre russe des études de légitimité et de protestation politiques, Evgueni Venediktov, qui estime que «ce bourrage de crâne ne peut pas être un hasard ni l’oeuvre d’un fou isolé. C’est le travail d’un grand nombre de personnes sans doute dirigées par un centre. Lequel? Là est la question. On peut supposer absolument tout, jusqu’à l’activité des services secrets occidentaux qui font des expériences dans le domaine de la manipulation des masses». Quel que soit le but recherché derrière la création de ce jeu morbide, il est plus qu’urgent d’y mettre un terme. Rappelons enfin que le jeu de la baleine bleue consiste en cinquante défis à relever (un défi par jour). L’ultime étape est de se donner la mort pour devenir un animal «hautement évolué» et «dégagé» des peines terrestres à l’image du symbole du jeu, le cétacé capable de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage.

Nouveau suicide d’un enfant à Sétif
Un adolescent âgé de 15 ans, qui s’adonnait au jeu «Blue Whale» (baleine bleue), a été retrouvé pendu dans un poulailler dans la commune de Taya, wilaya de Sétif, a rapporté hier un média électronique citant des sources locales.
L’adolescent s’est donné la mort par pendaison vendredi en début de soirée. Un énième suicide qui porte ainsi à cinq le nombre total de morts signalées sur le territoire national à cause du jeu «blue whale».
Il y a lieu de préciser que sur les cinq décès recensés à cause de ce jeu, trois ont été signalés dans la wilaya de Sétif, tandis que deux autres ont été enregistrés dans la wilaya de Béjaïa.
Une campagne de sensibilisation a été lancée par des internautes sur les réseaux sociaux afin de mettre en garde les parents contre l’influence de ce jeu sur leurs enfants.