Béjaia ; Malaise au Croissant-Rouge algérien

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Photos D.R

À l’origine de cette situation conflictuelle, un bras de fer opposant le président du bureau de wilaya à celui du bureau communal de la localité.

Le Croisant Rouge Algérien (CRA) de la wilaya de Béjaïa connaît ces derniers jours un conflit interne qui a fini par étaler au grand jour le profond malaise qui mine cette organisation humanitaire, notamment les dessous inavoués de ces querelles intestines. À l’origine de cette situation conflictuelle, un bras de fer opposant le président du bureau de wilaya du CRA, M. Bouzid Belkacem, au bureau communal de Béjaïa que dirige M. Yazid Hocini.
L’affaire a commencé à s’ébruiter au lendemain de la mise en exécution, le mardi 28 novembre dernier, d’une décision de justice en référé d’expulsion des membres du comité communal du CRA de leur siège, sis à la cité EPLF de Béjaïa. Cette procédure a été exécutée par un huissier de justice qui a réquisitionné la force publique, à la demande du président du bureau de wilaya du CRA, en s’appuyant sur le jugement rendu en référé par la cour de justice de Béjaïa. En effet, la justice a ordonné, outre l’expulsion des membres du comité local du CRA de Béjaïa, la restitution des clefs du siège et du cachet rond de ladite organisation. À noter que le plaignant, M. Belkacem Bouzid en l’occurrence, reproche aux membres du bureau communal du CRA de Béjaïa, de ne pas daigner organiser une assemblée générale en vue de procéder au renouvellement de leur instance dirigeante, dont le mandat était arrivé à terme en 2013. M. Belkacem est allé jusqu’à qualifier ce bureau communal de “comité rebelle”, du fait que ses membres, non seulement ne veulent pas tenir une AG élective, mais refusent de présenter leur bilan d’activités. “Ils ne respectent ni les statuts ni le règlement intérieur du Croissant-Rouge algérien. Pourtant, nous devons tous nous soumettre aux textes de loi régissant le fonctionnement de cette institution humanitaire”, a-t-il insisté, avant de conclure que “ces gens ne cherchent réellement qu’à dénigrer ma personne”. Contacté par nos soins, le président du bureau communal du CRA de Béjaïa, M. Yazid Hocini, a battu en brèche tous les griefs retenus contre lui, accusant, à son tour, le président du bureau de wilaya “d’abus d’autorité”, “d’agissements autoritaires et irresponsables” et de “musellement” des comités communaux.
Pour notre interlocuteur, M. Bouzid Belkacem est un “pseudo-humanitaire” du fait qu’il a osé exiger aux malades nécessiteux de verser la somme de 200 DA en contrepartie de toute ordonnance de médicaments servie, alors que ces mêmes produits pharmaceutiques se trouvent être des dons émanant des bienfaiteurs.
“Le comble est que les recettes générées par cette procédure illégale ne sont même pas comptabilisées dans les documents administratifs du CRA. Personne ne sait d’ailleurs où va cet argent”, affirme-t-il. Selon M. Hocini, le premier responsable du CRA à Béjaïa a fait l’objet d’une pétition signée par une dizaine de comités communaux sur les 23 que compte la wilaya de Béjaïa. Les pétitionnaires, dont le comité communal de Béjaïa, ont fait savoir à Mme Saïda Benhabilès, présidente du bureau national du CRA, leur décision de retrait de confiance à M. Bouzid Belkacem, tout en dénonçant sa gestion “unilatérale, irréfléchie et irresponsable”. Suite à quoi, soutient notre interlocuteur, M. Bouzid a décidé de mener une opération “illégale” d’installation de nouveaux comités communaux “à des fins électoralistes”.