Béjaïa veut se débarrasser de ses déchets

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Une journée d’études sur la Construction et la ville durable et sur l’économie verte a été organisée, dernièrement , au siège de la wilaya de Béjaïa.

La rencontre, tenue à la salle des congrès, a été initié par le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, en collaboration avec le bureau d’Oran de l’ONG R20 «Regions of Climate Action» – R20 MED. L’objectif, escompté à l’issue de cette journée d’études sur la construction et la ville durable et sur l’économie verte est «de prendre connaissance des expériences concrètes menées dans différentes régions du pays» et d’établir dans le cas de Béjaïa «une feuille de route pour la wilaya ». L’action consiste, notamment, à mobiliser les citoyens, les animateurs du mouvement associatif activant dans le domaine de l’environnement et de la lutte contre la pollution mais aussi les acteurs institutionnels autour de questions cruciales. Lesquelles questions portent sur le développement national et la préservation des ressources, à savoir, énuméra-t-on, «l’économie d’énergie, la promotion des énergies renouvelables et la valorisation des déchets. »

L’environnement, tous concernés

C’est d’ailleurs dans cette optique que des élus de l’APW et des APC, des opérateurs économiques publics et privés, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Soummam, les membres de l’Exécutif, des associations activant dans le domaine de l’environnement et des associations de quartiers, l’ordre des architectes, les promoteurs immobiliers, des investisseurs potentiels, et le secteur universitaire, ont répondu à cette invite.

Il faut dire que c’était aussi une occasion pour les participants d’évoquer les efforts à faire en matière de lutte contre la pollution, les comportements éco-citoyens à inculquer dès le jeune âge, pour concrétiser, demain, des programmes locaux environnementaux. Le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, est confiant quant au fait que «la problématique de l’environnement et de l’hygiène sera derrière nous d’ici peu de temps». Il a conditionné la réussite de cette transition à l’apport et à l’implication effective des citoyens à cette démarche.

Il a affirmé que la préoccupation des citoyens, à savoir le manque d’hygiène, «est d’ores et déjà pensée avec le Club 92», une association des entrepreneurs franco-algériens, présidée par Slimane Azzoug ; celle-ci aura, selon le wali de Béjaïa, la charge bientôt de gérer les déchets de la wilaya avec la création de l’entreprise «Béjaïa environnement». L’étude, qui a été présentée aux élus de l’APC à la fin du mois de mars, préconise « la mise en place d’un dispositif pour le traitement des 400 000 tonnes de déchets produits annuellement. » Il ne souffle pas mot du montant de cet investissement ou combien il coûtera à la collectivité locale ?

Le président de l’ONG R20Med, M. Bessaoud, a fait part, quant à lui, de l’expérience du bureau régional à Oran et évoqué les actions concrètes, initiées sur le terrain en matière de gestion des déchets. Il a plaidé pour une «efficacité énergétique et la mise en place d’outils modernes de gestion des déchets ménagers». Et d’insister dans la foulée sur le développement de la «culture éco-citoyenne» tout en donnant un aperçu sur la mission principale de l’organisation qu’il préside, à savoir «initier et mettre en œuvre des projets démonstratifs à faible émission de gaz à effet de serre au niveau de la wilaya d’Oran, comme région pilote pour le développement d’une économie verte».

« Le déchet, une affaire économique »

En effet, les objectifs de cette ONG, selon sa charte, sont de réduire les émissions de gaz à effet de serre, aider et appuyer des projets dits « verts. » Pour cela, l’ONG s’attelle à mettre en liaison « les gouvernants des pays du Sud notamment, les détenteurs de la technologie et les investisseurs », le tout pour améliorer le cadre de vie des citoyens, améliorer la santé des populations et créer de nouveaux emplois.

Présent lors de cette rencontre, le président de «Club92», M. Azzoug, n’a pas manqué de saisir l’occasion qui lui a été offerte afin d’affirmer qu’il honorerait les engagements pris lors des dernières rencontres avec les autorités de wilaya de Béjaïa. «Le wali nous a demandé d’aller très vite ; nous allons honorer nos engagements dans quelques jours en mettant un processus de traitement des déchets de A à Z dans la wilaya de Béjaïa, comme région pilote» ; il a confié avoir expliqué au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, que «le déchet est avant tout une affaire économique». Il a lancé à l’assistance qu’il «ne croyait plus à l’enfouissement ni à l’incinération», en faisant remarquer que le processus de Club 92 ne coûtera rien à l’Algérie. Sans donner plus de précisions.