Bientôt … Une forêt récréative à Sidi Bouderhem

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Deux arrêtés viennent d’être signés portant création de forêts récréatives, annonce la conservation des forêts de Bejaïa. Le premier concerne la forêt de Sidi Boudraham, d’une superficie de 52 hectares, et le second la forêt de Kefrida, dans la commune de Taskriout, d’une superficie de 15 ha, qui englobe bien entendu la fameuse cascade éponyme qui attire tant de touristes de tous les coins du pays. Les concessions, qui courent sur vingt ans, seront accordées sur adjudication. L’appel à manifestation d’intérêt sera lancé une fois reçue l’évaluation domaniale. Les projets devront nécessairement avoir l’aval de la wilaya et ne doivent prévoir que des infrastructures légères pour ne pas dénaturer les sites d’accueil. Cette initiative entre dans le cadre de l’ouverture du domaine forestier à l’investissement, y compris privé, afin que les forêts algériennes deviennent source d’emplois et de richesses, sans oublier que cela participe de l’autofinancement de leur préservation. A Bejaïa, douze autres espaces sont proposés à l’investissement, dans les communes de Chemini, Kendira, Chellata, Ighrem, Taourirt Ighil, etc. Parmi les sites, deux sont en préparation avancée. Il s’agit du lieu dit Tala Oulane, dans la commune de Toudja, d’une superficie de 100 hectares, et de Takintoucht, d’une superficie de 126 hectares.

A l’échelle nationale plus d’une centaines de projets de ce type ont été identifiés. C’est le décret de 2006 qui ouvre le domaine public à l’utilisation privative par le biais de la création de forêts récréatives. Les projets, qui doivent nécessairement être proches des agglomérations urbaines ou fréquentées par la population, sont soumis à cahier de charges ainsi qu’à l’approbation d’une commission de wilaya. Les activités qui peuvent être accueillies sont définies et les structures installées doivent être légères et démontables, pour ne pas dénaturer le site. Ainsi, concernant la forêt récréative de Sidi Boudrahem, la conservation des forêts a proposé la création d’une ferme pédagogique, d’un club équestre, d’un espace de piquenique et des sentiers de remise en forme, outre les kiosques à souvenirs, les parkings, aires de jeux et sanitaires.

Empêcher l’accaparement illicite du foncier

L’investisseur intéresser peut évidemment apporter des modifications au projet, à condition évidemment de recevoir le quitus de la commission pour ses propres suggestions. Il s’agit à travers cet ouverture à l’investissement, de valoriser des espaces qui vont participer à la création de richesses et d’emplois, mais également contribuer à leur préservation en empêchant que s’étende l’accaparement illicite qui gangrène dangereusement ce foncier en le vouant à terme à disparition sous le béton. Cette valorisation passe également par l’exploitation des richesses inhérentes à la forêt. Béjaïa dispose, de ce point de vue, un inestimable potentiel dans la production de bois, de liège et de plantes aromatiques et médicinales. Dans la production de bois, notamment de chêne zen, les prévisions d’extraction sur cinq années s’élèvent à 61.000 m3 en bois d’œuvre, 104.000 m3 en bois d’industrie et 67.000 m3 en bois de feu, soit un montant pécuniaire de quelque 350 millions de dinars. Les plantes aromatiques et médicinales peuvent rapporter quelques trois millions de dinars pour les espèces évaluées dont il est possible de tirer, sur le plan quantitatif, quelques 700 quintaux pour l’arbousier, 1.350 quintaux pour le lentisque et 70 quintaux pour le myrte. L’exploitation des forets de chênes liège, dans ses différentes qualités, qui est déjà effective depuis longtemps, peut fournir environ 63.000 quintaux durant les dix prochaines années, soit un pactole d’environ 300 millions de dinars. A ce bénéfice, il faut ajouter la création d’emplois dans des zones qui n’ont que peu d’opportunités pour en créer, sans oublier toute la dynamique économique que cela pourrait enclencher dans ces zones enclavées ou déshéritées. Ce n’est là qu’un aperçu des potentialités que recèlent ces espaces mal contrôlés et longtemps laissés à l’abandon, à l’accaparement et à la merci des incendies, en raison d’une conception désuète de la préservation de l’environnement.