Chafaâ Bouaiche, député FFS : «L’État doit imposer des taxes de pollution»

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Le député de Béjaïa Chafaâ Bouaiche et chef du groupe parlementaire du FFS ouvre un débat intra-muros concernant la pollution qui gangrène la vie des citoyens aux quatre coins de la wilaya de Béjaïa. En effet, rejets en mer, pollution de l’oued Soummam, déchets ménagers, bouteilles jetées jonchant les rues et décharges à ciel ouvert donnent des images de désolation. Le député de Béjaïa, dans une déclaration postée sur la toile, suggère : «En ce début de l’année 2018, je propose qu’on organise une campagne contre les pollueurs. Cette campagne sera menée sous le slogan « Yettwakkes sser dayenni » qui nous rappellera le grand chanteur Matoub Lounes, militant de toutes les causes justes». Chafaâ Bouaiche fait également un constat amer sur la situation de l’environnement dans les villes et villages de la wilaya : «Ce qui se passe aujourd’hui dans nos villes et villages est insupportable. Les ordures jonchent nos rues et ruelles. Les bouteilles et les canettes de bière sont jetées partout. Des gens boivent de l’alcool? Ils sont libres ! Mais ils ne sont pas libres de salir la nature. Même les champs d’oliviers, fréquentés par des familles en cette période de récolte, ne sont pas épargnés», soulignera M. Bouaiche. Le député du FFS rend également hommage aux associations qui ont mené, ces derniers temps, plusieurs campagnes de nettoyage dans plusieurs localités. «Nous ne pouvons que saluer les initiatives citoyennes et associatives en organisant des journées de volontariat, mais cela ne suffit pas pour éradiquer ce phénomène», ajoutera le député. Le chef du groupe parlementaire du FFS proposera : «L’État doit imposer des taxes de pollution à ces usines de production de bière». À vrai dire, la problématique de la gestion de l’environnement reste entièrement posée sur tout le territoire de la wilaya de Béjaïa. Du côté des citoyens, les avis sont partagés. Pour Omar Amiri, «c’est un problème de civisme, un minimum d’éducation civique. Néanmoins, s’il y a taxes, elles devront toucher toutes les usines et pas seulement celles de la bière.» Walid Boudries abonde dans le même sens en disant : «Des journées de nettoyage ne vont pas régler le problème et ne vont pas mettre fin à ce phénomène. Alors pourquoi ne pas sensibiliser notre société vers le tri de leurs déchets et encourager cette initiative par la création de micro-entreprises spécialisées dans le compostage et le recyclage des déchets». De son côté, Halim Hafir estimera : «Ça serait bien si notre société se prenne en charge par le biais d’une association ou un collectif d’associations, pour s’asseoir autour d’un projet pilote sur la gestion sélective qui part du tri jusqu’au recyclage.»