Le chantier de la pénétrante Béjaïa bloque au tunnel de Sidi-Aïch

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Le chantier de la pénétrante Béjaïa-Ahnif (Bouira), dont la moitié est déjà livrée et mise en service, bloque cependant à hauteur du Tunnel en réalisation, devant assurer l’évitement de la ville de Sidi-Aich, à cause de l’apparition inattendue de difficultés techniques à l’intérieur de l’ouvrage et en rapport avec la nature de ses sols boueux, indiquent les promoteurs du projet.

« La progression y est très délicate », explique dans une déclaration à l’APS le directeur du projet Abdenour Afir, qui estime que les travaux y sont menés de façon manuelle, de sorte à garantir la stabilité du terrain et, par conséquent, la sécurité et la qualité de l’ouvrage ultérieurement, notant que seulement une portion d’une quarantaine de mètres pose problème sur un linéaire de l’ouvrage qui en compte 1700 mètres.

« Une fois cette portion traitée et achevée, les travaux reprendront de plus belle avec la cadence requise », assure-t-il, indiquant que pour parer à cette situation, et stabiliser l’ouvrage, « il a fallu creuser quatre sous-tunnel dont la réalisation non prévue a impacté imparablement et négativement la progression du chantier « .

La sortie du tunnel conditionne en fait les délais de livraison de tout le projet, notamment dans sa section allant de Takérietz à Oued-Amizour, sur une distance de 22 km que d’aucuns jugent stratégiques pour lever la congestion des routes nationales 12 (Bejaia-Tizi-Ouzou) et 26 (El-kseur Bouira), qui ploient sous le poids d’un trafic estimé à plus de 30.000 véhicules/jour.

L’ouverture des sections antérieures sur 52 km, entre Ahnif (Bouira) et Akbou, puis Akbou-Takériet, sur une distance cumulée de quelque 52 km, a déjà produit ses effets sur le dégorgement de la RN.26, mais reste problématique sur l’axe Takerietz-Sidi-Aich, sujet à d’inextricables bouchons, notamment durant les heures ouvrables.

Aussi la livraison de la section restante entre Takerietz et Amizour, est attendue avec impatience et enthousiasme, surtout avant l’avènement de la saison estivale qui, à chaque fois, exacerbe les difficultés de mouvement et de circulation entre l’ouest et l’est de la wilaya. En fait l’ultime section à réaliser entre Amizour et le port de Bejaia, bien qu’elle soit tout aussi importante, reste moins stratégique, car le dédoublement existant déjà de la voie entre El-kseur et Bejaia, sur la RN-12, parallèle au tracé de la pénétrante, en assure temporairement l’alternative.

Le projet de la pénétrante autoroutière, entamé en avril 2013, a connu, dans sa conduite, plusieurs contrariétés, dont la conjonction a imparablement refréné sa mise en œuvre. Aux problèmes de la disponibilité d’agrégats, à l’origine, y sont venus se greffer plusieurs autres facteurs limitatifs, dont la libération de l’emprise de la voie, les indemnisations des riverains, le déplacement des réseaux, la fermeture récurrente des routes par des mouvements sociaux, et enfin les contraintes financières.

L’ouvrage, éminemment stratégique, n’est pas non plus facile dans sa concrétisation, sa composition au-delà de la longueur de sa distance, plus de 100 km d’autoroute, comporte, la réalisation de 60 ouvrages d’art dont 13 viaducs, 01 tunnel de 1700 mètres, 07 échangeurs et 03 aires de stationnements, le tout confié à un groupement d’entreprises Algéro-Chinois (CRCC et Sapta).