Cinq ports seulement se conforment à la loi

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La pêche à la dynamite a pris des proportions alarmantes avec un petit nombre de ports de pêche qui respectent la réglementation d’interdiction de l’utilisation de cet explosif et se conforment à la pause biologique, a signalé le président de la commission nationale de la pêche, Hocine Bellout, lors d’une rencontre organisée par l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) sur les ressources halieutiques.

Sur les 33 ports de pêche au niveau national, ceux de cinq wilayas côtières seulement (Alger, Béjaïa, Jijel, Skikda et El Tarf) se conforment à la réglementation, a précisé le même responsable. «La quasi totalité des ports de pêche répartis sur la côte ouest du pays, allant de Bou Haroun (Tipasa) à El Ghazaouet (Tlemcen), utilisent la dynamite qui engendre des répercussions négatives sur les stocks vitaux des ressources halieutiques», a souligné cet expert qui a appelé les pouvoirs publics à appliquer fermement les lois en vigueur contre les récalcitrants.

Plus grave encore, M. Bellout a fait savoir que près de 10 000 tonnes de déchets énergétiques (fuel, huiles industrielles…) sont déversées annuellement dans les eaux côtières, sachant qu’une tonne de ces déchets peut polluer une superficie de 100 hectares des eaux en haute mer. Dans ce sillage, il a indiqué que 120 000 navires transportant des produits énergétiques transitaient annuellement par le bassin méditerranéen en dégageant des quantités énormes de fuel. Le président de la commission nationale de la pêche a aussi exprimé ses craintes quant aux quantités de pesticides stockés actuellement au niveau des wilayas côtières et dont les volumes atteignent 190 tonnes, représentant un risque majeur à l’environnement maritime. S’agissant de la production du poisson, il a estimé qu’elle ne dépassait pas les 72 000 tonnes/an. «Nous sommes arrivés, à un moment donné, à importer environ 600 000 tonnes de poisson. C’est une facture lourde», a par ailleurs jugé M. Bellout.