Crise dans le secteur de l’éducation : Les parents d’élèves décident d’investir la rue

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Le secteur de l’éducation, déjà marqué par une grève qui s’enlise, sera marqué demain et après-demain par deux marches diamétralement opposées.

La crise qui secoue le secteur de l’éducation inquiète tout le monde. La tournure inattendue prise par les événements fait pratiquement peur à tout le monde, mais tout juste pour mettre la pression. La dialogue attendu entre les deux parties en conflit se fait désirer.
La dernière réaction est venue du groupe d’opposition au sein de l’APW de Béjaïa. Ce groupe, composé de cinq élus de la liste UDS, un parti non agréé, a interpellé le directeur de l’éducation pour lui faire comprendre «toute la responsabilité que prend son administration quant au risque d’une année blanche et la prise en otage des enfants» dans ce conflit qui perdure au motif de «l’entêtement dans une démarche qui consiste à faire la sourde oreille aux revendications légitimes des enseignants».
Les élus APW de la liste indépendante «Ensemble construisons l’avenir» accusent l’administration d’avoir été «à l’encontre de l’accord signé avec le syndicat Cnapeste» et demandent au directeur de l’éducation de «cesser les louvoiements et de mettre fin au conflit qui pénalise et l’administration et les enseignants et les élèves et les parents pour des calculs absurdes et insensés».
Pendant ce temps, le Cnapeste prépare activement son action de rue prévue pour demain, condamnant «énergiquement les mesures d’intimidations et de pressions exercées sur l’ensemble des enseignants grévistes et, particulièrement, sur les enseignant(e)s stagiaires et contractuels et dénonce avec force le recours aux ponctions intempestives sur salaire».
Le Cnapeste met «en garde les responsables de la DE quant aux entraves au libre exercice du droit syndical», estimant qu’ «au lieu de se pencher sérieusement sur tous les dossiers posés, la DE excelle dans les effets d’annonce et dans les ajournements qui ont de lourdes incidences autant sur la carrière des enseignant(e)s que sur le bon fonctionnement des établissements», allusion aux procès-verbaux cosignés le 6 décembre 2017, le 11 décembre 2017 et celui du 19 mars 2015, cosignés entre le ministère de l’Education nationale et le bureau national du Cnapeste. Le Cnapeste-Béjaïa adhère totalement au mot d’ordre de la grève nationale illimitée qui débutera le mardi 30 janvier 2018 et se déclare «compréhensif et soucieux de l’inquiétude des élèves et de leurs parents».
Ces derniers, sont représentés par la Fédération des parents d’élèves, qui était en conclave au lycée El-Hammadia de Béjaïa pour décider des actions à entreprendre à même de dénouer la crise.
Au-delà de ce conclave, les parents d’élèves décident de marcher mardi prochain de la Maison de la culture jusqu’au siège de la wilaya et ce, pour interpeller «la responsabilité de l’Etat dans cette grève et exiger le retour inconditionnel des enfants aux études».
Dans leur document, les parents d’élèves exigent «l’application de la loi relative aux droits des enfants à l’éducation et de mettre tous les moyens nécessaires pour que les élèves récupèrent le retard» induit par la grève illimitée du Cnapeste.