En dehors de Boudjellil, ce fut dans la sérénité

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Élections locales à Béjaïa
En dehors de Boudjellil, ce fut dans la sérénité

Moins de la moitié de la population, inscrite sur le fichier électoral, a voté dans la wilaya de Béjaïa pour élire 52 nouvelles assemblées communales et une assemblée populaire de wilaya.
Hormis Boudjellil où les élections ont été interrompues suite au saccage des bureaux de vote, dans les autres contrées, tout s’est déroulé, globalement, dans de bonnes conditions. S’il y a eu quelques dépassements ressemblant à du racolage électoral dans certains centres de vote, à Boudjellil, c’est l’absence des bulletins de la liste du FLN, remplacés par ceux du RND, placés en double exemplaire, qui a suscité la colère des citoyens qui ont tout saccagé. C’est le seul point noir enregistré durant ces élections. Sinon, dès le début de matinée, il y a eu des électeurs qui ont voté et l’engouement avait commencé en fin d’après-midi. Comme d’habitude, il y a eu un décalage entre le nombre de bulletins exprimés pour les APC et ceux exprimés pour l’APW. En effet, il était de 44,80 % pour l’élection des assemblées communales et de 37,58 % pour l’élection de l’APW. Pour cette dernière, comme il est désormais de coutume et ce depuis trois mandats, le FFS devance toutes les listes en s’emparant de 21 sièges, le RCD garde son électorat en remportant une dizaine de sièges, alors que le FLN perd quelques sièges ne se contentant de sept sièges laissant les 5 autres à une liste indépendante qui remplace, par conséquent, le RND, titulaire de 5 sièges dans la défunte assemblée et qui se retrouve exclu pour les cinq années à venir. Pour les APC, le FFS est toujours en tête avec 19 localités, suivi du RCD avec 13 assemblées, le FLN 4 APC, l’alliance TAJ et le RND s’emparent de deux communes alors que le MPA et le PST se contentent d’une seule commune. Les listes indépendantes ont gagné dans la dizaine de communes restantes.

À Aokas, le RCD sauve sa présidence

à Aokas, le RCD rempile pour un troisième mandat consécutif, alors qu’il était donné perdant par la majorité des observateurs. Malgré le même nombre de sièges obtenus, soit 3 sièges chacun, en devançant son rival, le FFS, d’une quarantaine de voix, le RCD garde la présidence de l’APC. La liste indépendante parrainée par l’alliance TAJ, crée la surprise en se classant première ex-æquo avec le RCD et le FFS, principales formations à fort ancrage dans la région. Le RND et les deux autres listes indépendantes se sont emparés de deux sièges chacune, alors que le FLN a été disqualifié par les urnes en se retrouvant dernier avec quelques dizaines de voix. Malgré sa victoire, le RCD est tenu de composer avec d’autres listes pour constituer l’exécutif communal.

Le MPA garde Oued Ghir

Le maire MPA sortant, Yacine Ramdani, conserve son fauteuil de premier magistrat de la commune d’Oued Ghir, à l’issue d’un vote très serré, où il a remporté une majorité relative avec cinq sièges sur les quinze que renferment cette municipalité. Le MPA a devancé ses principaux rivaux, le FFS et le FLN, qui ont obtenu chacun trois sièges. Pour les autres sièges, ils ont été répartis entre le TAJ (2), le MEN (1), le RCD (1), alors que le RND, le grand perdant de ces élections locales à Oued Ghir, n’a remporté aucun siège. Le MPA est dans l’obligation de composer avec d’autres listes pour former une majorité absolue et éviter la situation de blocage, qui a marqué le mandat écoulé. Justement, lors de son discours prononcé devant ses partisans après l’annonce des résultats du scrutin, Yacine Ramdani a appelé au rassemblement et a déclaré que les portes sont ouvertes pour ceux qui veulent travailler pour l’intérêt de la commune. «Je lance un appel à ceux qui sont jaloux pour la commune d’Oued Ghir et qui veulent travailler : qu’ils sont les bienvenus. Nous allons négocier avec tout le monde», a-t-il affirmé. Yacine Ramdani, dont la liste a remporté deux sièges de plus comparativement au mandat précédent, n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage à ceux qui lui ont fait confiance.

Aït Smaïl donne le quitus au FFS

Les électeurs se sont rendus en masse dans les huit bureaux de vote installés dans huit écoles pour élire, pour un autre mandat, le FFS. La commune comprend dix écoles primaires et par souci de rapprocher les électeurs des urnes et réduire l’abstention, l’administration a procédé à l’installation d’un bureau de vote dans chaque village. Aït Smaïl compte 7 336 inscrits, mille de plus qu’en 2012. Vers midi, le taux de participation avoisinait les 20 %. Dans cette commune, les élections locales ont, à chaque fois, drainé un nombre important d’électeurs, et selon des représentants de partis en lice, aucun incident majeur ne fut à signaler. Certes les partisans de chaque liste concentrés aux abords des centres de vote ont continué à tenter d’influencer les électeurs pour les rallier à leurs projets et leur offrir leurs voix, mais tout s’est bien passé.

Le vote interrompu à Boudjellil

Les élections dans les communes du Sud-ouest de Béjaïa se sont déroulées dans de bonnes conditions et sans incidents notables, hormis dans la commune de Boudjellil, où les urnes de tous les centres de vote ont été saccagées jusqu’à la dernière ! En effet, si dans les communes de Tazmalt, Ighil Ali, Aït R’zine et Ath Mellikèche les élections se sont déroulées dans le calme, dans la commune de Boudjellil, alors que l’opération de vote se déroulait normalement dans la matinée, les choses commençaient à se gâter, vers midi ! Tout a commencé dans les centres de vote des villages Boudjellil (chef-lieu communal) et Aftis, où les observateurs, les candidats et leurs partisans ont soupçonné des tentatives de fraude au profit d’une liste en lice pour les communales. Ce qui fait que la situation se dégénère rapidement, où les protestataires ont mené des actions « extrêmes » en éparpillant les listes et bulletins de vote par terre et saccageant toutes les urnes desdits centres, avant que l’onde de choc ne se propage vers les autres lieux de vote situés dans les villages de Béni Mansour, Tigrine, Mechik, Tala Lbir,… et ce dans une confusion et débandade générales. La situation a failli se dégénérer n’était-ce l’intervention des sages de la région qui ont réussi à calmer les esprits des antagonistes. Ainsi, avec ces incidents, le déroulement du processus électoral dans la commune de Boudjellil a été tout bonnement interrompu après une campagne électorale houleuse et des sommes faramineuses dépensées pour aboutir à cette situation que d’aucuns qualifient de « regrettable ». Il est à noter que les partis en lice dans cette commune sont le FFS, le FLN, le RND et une liste d’alliance indépendants – TAJ. Par ailleurs, dans le reste des communes du Sud-ouest de Béjaïa, l’opération s’est déroulée sans incidents notables à même de perturber le déroulement des élections, notamment dans les municipalités de Tazmalt, Ighil Ali, Aït R’zine et Ath Mellikèche. Quant aux taux de participation dans ces localités, ils ont atteint les 50% à Tazmalt, 44% à Aït R’zine et 38% à Ighil Ali.

Dans la sérénité à Amizour et Barbacha

En dehors de l’ambiance dans les bureaux de vote, le rendez-vous électoral du jeudi dernier s’est passé dans le calme et la sérénité sur l’ensemble du territoire des régions d’Amizour et Barbacha, où l’on a suivi le déroulement de ces élections malgré une phase de campagne électorale quelque peu électrisée, mais sans dérapage grave enregistré.