Développement durable – L’apport de la figue de Barbarie

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L’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa abrite depuis hier, un séminaire d’échange national intitulé “aux interfaces du développement durable”, organisé par la faculté des sciences de la nature et de la vie du campus de Targa Ouzemmour. C’est un rendez-vous important dans “la construction d’une vision partagée de ce que les acteurs qui sont aux interfaces du développement durable peuvent apporter comme solutions et perspectives aux différents secteurs socio-économiques”, estiment les organisateurs de cette rencontre scientifique qui a vu la présence, outre les chercheurs universitaires de Béjaïa, des experts en biologie, hydrologie, économie, agronomie…, ainsi que des élus locaux et des représentants des autorités de wilaya.
Toutefois, on déplore l’absence de l’ancien ministre de l’Agriculture, Sid-Ahmed Ferroukhi, qui s’est excusé à travers une lettre adressée aux participants à ce séminaire. Ce dernier, dont l’état de santé l’a empêché de se déplacer à Béjaïa, devait animer une conférence autour de la thématique “Les enjeux de la diversification de l’économie et la sécurité alimentaire durable”. Selon le professeur Khodir Madani, directeur du laboratoire de recherches en biomathématiques, biophysique et biochimie à la faculté des sciences de la nature et de la vie de l’université de Béjaïa, cette rencontre scientifique se veut “un temps d’échange et de construction entre les conférenciers et les communicants, mais aussi avec des décideurs des institutions participantes et la communauté universitaire”. Il s’agit, en fait, explique notre interlocuteur, d’ouvrir un débat sur les voies et moyens à mettre en place en vue d’endiguer la crise climatique qui se profile à l’horizon 2050.
Il citera, à ce titre, le stress hydrique qui plane sur l’Algérie, en se référant au plan bleu pour la Méditerranée (PBM), mis en place dans le cadre du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), qui prédit que la rive sud de la Méditerranée va vivre une crise hydrique à l’horizon 2050. “Du coup, il est temps de mettre en place des outils performants de mesure et de calcul pour pouvoir approcher la réalité de nos capacités hydriques”, explique M. Madani qui a animé une conférence sur le thème “La figue de Barbarie, un enjeu de demain”. Pour lui, le développement de cette filiaire agricole en Algérie est l’une des solutions idoines pour faire face, justement, aux défis du changement climatique, du fait que la figue de Barbarie s’adapte au milieu steppique, faiblement urbanisé, considéré comme l’avenir de l’agriculture algérienne.
Tout comme elle s’adapte, d’ailleurs, au relief et climat de la région de Kabylie, fortement boisée et érosive. Outre son combat contre l’érosion, cette plante introduite en Afrique du Nord par les Espagnols, entre 1510 et 1535, peut servir aussi de coupe-feu, sans compter ses multiples produits et sous-produits utilisés dans l’aliment de bétail, les produits cosmétiques et phytosanitaires, des confitures, des huiles…