Élections locales du 23 novembre : Ce que Béjaïa attend de ses futurs élus

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Dans la wilaya de Béjaïa, on est déjà en pleine campagne pour les élections locales du 23 novembre même si officiellement son lancement officiel ne débutera que le 29 octobre prochain. Trois semaines durant, les candidats sillonneront leurs communes par quartier alors que ceux postulant pour l’assemblée de wilaya le feront par commune. Ils tenteront, tous, de présenter des programmes très riches mais, probablement, irréalisables. C’est à ce moment que la population parlera de promesses sans lendemain alors que le concret, sur lequel doivent se baser les candidats, existe sur le terrain. Il s’agit de projets d’utilité publique non-lancés ou non-achevés. Les futurs élus seront-ils en mesure de répondre, justement, aux attentes de leurs concitoyens ?

L’éradication des décharges sauvages, une urgence

Une quarantaine de communes sur les 52 que compte la wilaya de Béjaïa possèdent 782 décharges sauvages et un millier de points noirs, occupant près de 700 000 m² de terrain. Pourtant, sept centres d’enfouissement techniques, inscrits au début de années 2000, et deux déchetteries modernes ont été programmés à l’actif de la wilaya de Béjaïa. L’opposition citoyenne ou encore des contraintes financières les ont freinés. Les nouveaux élus, une fois aux commandes des collectivités, seront-ils capables de débloquer la situation ? Il le faut bien, sinon pourquoi aller à l’APC ou à l’APW si le rôle de tout un chacun se limitera à la signature de documents d’état civil, tout en profitant de quelques avantages. Il est utile de souligner que la wilaya de Béjaïa produit près d’un demi-million de tonnes de déchets annuellement et que cette quantité est abandonnée clandestinement par les autorités en plein nature, dégradant, conséquemment, l’environnement. La décharge balnéaire d’Aokas, la décharge forestière de Tichy ou encore la multitude de décharges urbaines de la vallée de la Soummam en sont le meilleur exemple du laxisme des autorités, avec la bénédiction des élus passés à la tête des institutions depuis, au moins, les quatre derniers mandats. Outre la propreté des différentes contrées, laquelle laisse à désirer, il y a aussi le problème du raccordement au gaz de ville qui s’étire dans la wilaya de Béjaïa.

Le branchement au gaz de ville, une priorité

Environ 50% des foyers sont raccordés après un forcing des autorités wilayales mais il reste, tout de même, la moitié des familles qui n’ont aucune idée sur ce précieux liquide qui met fin au transport éreintant de la bonbonne de gaz, tout en s’assurant de dormir au chaud en hiver. Malgré les engagements du wali de parvenir à un taux de 87% de raccordement d’ici la fin de l’année prochaine, la population est réticente. Les communes dans lesquelles les projets de branchement au gaz de ville sont lancés, on accuse un retard. Les nouveaux élus parviendront-ils à relancer ces derniers et à redonner l’espoir à leurs concitoyens qui perdent, de jour en jour, la confiance qu’ils doivent avoir, en toute circonstance, en l’État ? Bien que le programme du président de la République, relatif à la résorption du problème du logement, ait, il faut le reconnaître, atténué la situation de ce qui était l’une des plus grandes préoccupations des citoyens, il n’en demeure pas moins que la demande dépasse l’offre, principalement dans son segment public-locatif, appelé communément social.

L’équité dans la distribution des logements

Et là, les élus sortants ne cessent de commettre des bévues. Par alliance partisane, lien familial ou simple affinité avec le maire ou l’un des élus, des postulants sont priorisés malgré que la commission soit présidée par le commis de l’État, le chef de daïra en l’occurrence. Mais des fois, c’est ce même commis de l’État qui fait dans «le piston», arguant parfois le statut de fonctionnaire de la collectivité du bénéficiaire. Une manière de légaliser son «coup de pouce» avec la bénédiction du maire, membre de droit de la commission d’attribution. Ceux qui gagneront les joutes prochaines mettront-ils fin à ce genre de pratiques ? Bitumer ou tout au moins bétonner toutes les routes et chemins communaux, embellir le chef-lieu, aménager les différents quartiers et préserver le foncier, bien de la collectivité, font partie également des défis qui attendent les élus communaux et ceux de l’assemblée de wilaya qui doivent les assister financièrement. Ce sont ceux-là les points qui doivent constituer les axes principaux des programmes des candidats aux élections du 23 novembre prochain. Pourtant, rares sont ceux qui en feront leurs priorités malgré l’engouement de l’ensemble des postulants pour les premières places des listes. Mais justement, qu’est-ce qui les pousse à jouer des coudes et parfois de «la chekara» pour occuper les devants de la scène au niveau local pour les 5 ans à venir ? Ce n’est certainement pas le salaire qui oscille entre 4 et 12 millions de centimes, selon l’importance de la commune.