Gestion des ordures ménagères à Béjaïa : «Seule la création d’un EPIC résoudra le problème»

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Le constat est affligent, Béjaïa est devenue sale. Les trottoirs débordent d’ordures ménagères. Classée naguère première ville d’Algérie en matière d’hygiène et de propreté, la ville croule aujourd’hui sous des tonnes d’immondices nauséabondes. C’est devant ce constat que l’association «Les amis de Gouraya-Béjaïa» a organisé une rencontre dans l’après-midi d’avant-hier, au centre culturel islamique d’Aamriou, sous le thème «Quelle est la stratégie de demain face à la santé publique». Plusieurs intervenants ont participé à la manifestation : Rachid Mansouri, vice-président de l’APC, chargé de l’hygiène et de l’environnement, le directeur de l’environnement de la wilaya, le directeur du parc national de Gouraya et Ahmime Mourad, Dr en biologie de la conservation et du développement durable. L’assistance était surtout composée de présidents d’associations de quartiers. Les débats sur le rôle des uns et des autres en matière de propreté de la ville furent très riches, parfois acerbes à l’encontre de certains responsables accusés «d’avoir failli à leur mission». Les échanges ont été si houleux qu’un directeur de wilaya, assailli de questions par le président d’une association, a menacé de quitter la salle. Le directeur du parc national de Gouraya, également très critiqué sur sa gestion, s’est défendu en expliquant que sa mission est «de veiller à la préservation de la faune et de la flore du parc et non de ramasser les ordures». Il ajoutera par ailleurs : «Les agents du parc ramassent chaque jour l’équivalent de 2 bennes d’ordures». Les interventions étaient nombreuses, mais la plupart des intervenants se sont contentés de faire des constats sans proposer de solutions pratiques. Rachid Mansouri, vice-président à l’APC, a néanmoins reconnu que le ramassage des déchets ménagers dans la commune se fait mal, «parce qu’il confié, à 80 %, au privé d’une part, d’autre part la commune ne dispose que de 6 camions K120 à benne-tasseuse et le parc roulant de la commune est souvent en panne». Il expliquera encore : «Le nombre d’agents de nettoiement pour une ville aussi grande que Béjaïa n’est que de 70 éléments auxquels il faut ajouter seulement 36 balayeurs». La solution selon l’intervenant serait «de créer un Epic spécialisé dans la collecte des ordures, qui se chargera à terme du tri des déchets, de leur récupération et de leur mise en valeur». Un cahier des charges est d’ailleurs en train d’être élaboré entre l’APC et les organismes concernés de la wilaya, apprend-on. D’un autre côté, il sera procédé à la réouverture du CET de Sidi Boudrahem qui sera bien sûr doté d’un équipement adéquat pour le drainage correct du lixiviats dont se plaignent les riverains. Cet équipement a été acquis pour 70 milliards de centimes et sera bientôt mis en place. Et c’est à ce moment-là que commencera le tri des déchets, leur traitement et leur mise en valeur. La décharge de Boulimat sera définitivement fermée, assure-t-on encore. L’autre volet dont s’occuperont les agents de l’APC, ce sont les espaces verts de la ville, complètement délaissés pour certains.