Le patrimoine culturel à l’épreuve de l’austérité

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Le patrimoine culturel et historique de la région de Béjaïa peut bien s’imposer comme une ressource exploitable dans le secteur du tourisme et profiter ainsi à l’économie locale, voire nationale.
Néanmoins, cette option n’a pas été investie au temps de la suffisance financière, où peu de projets de réhabilitation, inscrits dans le cadre du précédent quinquennat, ont été lancés en chantier.

Avec la politique de restriction budgétaire imposée par le gouvernement depuis 2014, suite à la chute des prix du pétrole, la valorisation effective des richesses archéologiques et historiques de la wilaya doit attendre des jours meilleurs. Relégués au second plan, plusieurs projets d’étude et de réhabilitation des sites implantés à Béjaïa ont été gelés par les autorités. D’autres demeurent tout simplement des intitulés d’opérations inscrites qui risquent de ne pas voir le jour.

La prise de conscience de l’importance de ces vestiges pour le tourisme et l’économie par les associations et les efforts consentis par la direction de la culture de la wilaya dans le sens de préserver et de mettre en valeur ce patrimoine sont insuffisants. Et ce, dans la mesure où l’action de la direction se heurte à l’impératif de «serrage de la ceinture». Pourtant, la direction de la culture, qui a placé les
festivités du Mois du patrimoine, cette année, sous le thème : «Patrimoine culturel, vecteur du développement du territoire», montre tout l’intérêt de la population et des autorités locales, qui mesurent l’importance de protéger ce «don»
de l’histoire de cette wilaya.

Le territoire de Béjaïa renferme un total de 42 sites historiques : 14 sites et monuments classés, 26 sites et monuments inscrits sur inventaire supplémentaire de la wilaya (classés et gérés au niveau local) et deux secteurs sauvegardés, à savoir la vieille ville de Béjaïa et la Qalaâ n’Ath Abbas, dans la commune d’Ighil Ali. Seulement, plusieurs opérations d’étude, de suivi et de réhabilitation de ces vestiges ont été suspendues dans le cadre de la politique d’austérité. D’autres ne sont pas encore entamées, non pas à cause du budget, mais par manque d’entreprises compétentes dans le domaine de la restauration des bâtiments anciens, l’Algérie ne disposant que d’une cinquantaine d’entreprises spécialisées, selon la responsable du service Patrimoine de la direction de la culture de Béjaïa.

D’après ce dernier, au moins sept opérations ont été gelées par le gouvernement. Il s’agit du projet d’étude et de consolidation du fort Gouraya, de l’étude et réhabilitation de quatre sites et monuments historiques classés, à savoir, la Porte sarasine, la Porte des étendards (Bab el Bounoud), dont les travaux devraient reprendre à la faveur de la visite du wali la semaine passée sur le site et qui seront financés probablement par l’APC de Béjaïa. Il a été également enregistré le gel du programme de prise en charge des travaux du mémorial de Sidi Touati et le Mihrab de la mosquée Ibn Toumert ainsi que les sites de Tiklat et Temzezdekt (El Kseur) et l’aménagement du musée du moudjahid d’Ifri (Musée du Congrès de la Soummam).