Secteur de l’éducation à Béjaïa : Le Cnapeste persiste dans sa grève illimitée

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La majorité des établissements scolaires de la wilaya de Béjaïa est restée paralysée, hier, par un mouvement de grève du Cnapeste qui entame sa deuxième semaine.
Les enseignants affiliés au Syndicat autonome Cnapeste étaient hier toujours en grève illimitée. Ce mouvement qui entame sa deuxième semaine commence sérieusement à inquiéter autant l’opinion que les parents d’élèves d’autant plus que depuis hier d’autres actions se sont greffées à ce mouvement.
Les lycéens de la ville de Sidi Aich ont profité de ces vacances forcées pour sortir dans la rue et dénoncer le rejet du projet de loi pour la promotion de tamazight par les députés. Interrogé hier à ce sujet, le secrétaire général du Cnapeste de Béjaïa a déclaré ignorer le mouvement rejetant tout lien avec celui initié par son syndicat.
Après avoir arraché «le départ des responsables» de l’institution de l’éducation de la wilaya, dont trois en charge respectivement du personnel, les moyens et les finances, les syndicalistes du Cnapeste étaient hier à la direction de tutelle pour trouver des solutions à d’autres revendications liées aux situations financières et administratives des enseignants. «Nous avons engagé un cycle de réunions avec le directeur de l’éducation, le secrétaire général de la direction et les chefs de services pour aborder les problèmes posés», soutient le chef de file des grévistes Le coordinateur de wilaya du Cnapeste, Slimane Zenati, indiquait hier que «le travail se poursuit quant au règlement du problème central en relation avec les situations administratives et financières des enseignants, qui dure depuis des années». «Nous allons juste après, nous concerter en conseil de wilaya pour décider des suites à donner à notre mouvement, mais tout reste dépendant de l’évolution du règlement de ces problèmes», précisait-il. Interrogé sur le lien que le mouvement est supposé avoir avec le renouvellement des instances des oeuvres sociales, notre interlocuteur s’est montré catégorique «nous avons décidé de notre mouvement en conseil de wilaya et à aucun moment nous n’avons abordé le sujet de la commission des oeuvres sociales», nous a-t-il répondu.
«Nous allons reprendre le travail dès que la situation des travailleurs du secteur est assénée et nous n’avons aucune relation avec toutes les autres motivations qu’on veut nous coller», rétorque Slimane Zenati, réitérant ainsi «la sincérité du mouvement que son syndicat a initié depuis plus d’une semaine maintenant. Interrogé sur la réaction des parents qui condamnent le mouvement et le recours à la grève comme moyens de résoudre les problèmes, le responsable du Cnapeste déclare «comprendre l’inquiétude des parents» mais, ajoute-t-il «il faut qu’ils sachent que les enseignants de leurs enfants ne peuvent aucunement assurer convenablement leur mission dans des conditions aussi précaires», les invitant ainsi indirectement à s’enquérir aussi de leur côté des conditions d’étude de leurs enfants et mettre ainsi la pression sur les responsables de cette situation. En attendant une évolution heureuse à ce conflit, les établissements scolaires de la wilaya de Béjaïa entament leur deuxième semaine de paralysie. Oisifs, les lycéens peuvent se laisser entraîner dans d’autres mouvements autrement plus inquiétants sachant la conjoncture actuelle faite de manipulations diverses.