Un site en quête de reconnaissance mondiale … Sites et monuments historiques : Casbah de Béjaïa

906

La casbah de Béjaïa figure en tête des sites et biens de la wilaya
Vu l’intérêt archéologique, historique et culturel qu’elle représente, le classement de la casbah de Béjaïa sur la liste du patrimoine mondial est aujourd’hui vital.
Béjaïa, l’ex-capitale du Royaume des Hammadites, occupe le peloton de tête en matière de biens culturels classés (sites et monuments historiques). Elle compte 39 biens culturels dont 14 classés patrimoine national et 23 autres inscrits sur l’inventaire supplémentaire de wilaya, en plus de trois dossiers concernant, la grotte Ali Bacha, le mausolée Sidi Yahia Bouzakaria et le site Melako, lesquels se trouvent au niveau de la commission de wilaya pour inscription sur l’Inventaire supplémentaire. A tous ces biens, s’ajoutent deux secteurs permanents de sauvegarde, le premier est afférent à la vieille ville de Béjaïa, et le second est celui la Kalaâ des Beni Abbès à Ighil Ali. La casbah de Béjaïa figure en tête des sites et biens de la wilaya. Site historique de l’époque almohade, il a été classé patrimoine national par le gouvernement algérien sous l’ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels, publié au Journal officiel N°7 du 23/01/1968. La casbah de Béjaïa est une citadelle gouvernementale datant de l’âge d’or (Xe-XIIe siècles) de la ville de Yemma Gouraya, la ville culturelle et cultuelle. La casbah de Béjaïa fut édifiée par les Almohades sous le règne du commandeur des croyants Abdelmoumène Benali, au milieu du XIIe siècle (vers 1154), puis remaniée par les Espagnols lors de la prise de la ville en 1510 et retouchée par les Ottomans et les Français. La Casbah comprend un fort, construit probablement à l’époque espagnole (XVe siècle), il est constitué d’une grande salle voûtée (poudrière), une mosquée, d’architecture berbère ancienne qui fut le lieu de prière du gouverneur almohade. C’est un bâtiment de forme carrée, qui comporte un patio et des galeries. «L’arrière de la Casbah, côté terre, au-dessous de laquelle les falaises rocheuses sont les plus hautes et les plus abruptes, sa fortification naturelle, couronnée de figuiers de barbarie, d’oliviers sauvages et de chênes verts, portent encore les murs interrompus par des meurtrières de l’ancienne bâtisse», écrit Louis Salvador de Habsbourg, archiduc d’Autriche dans son ouvrage Bougie, la perle de l’Afrique du Nord éditions L’Harmattan). Le rôle joué par la Casbah de Béjaïa en matière de transmission du savoir au Moyen âge européen est confirmé par les séjours plus ou moins longs de personnalités scientifiques, et littéraires prestigieuses, versées dans tous les domaines de la connaissance. On citera entre autres, le métaphysicien andalou Ibn Arabi, le mathématicien italien Léonardo Fibonnacci, le philosophe catalan, Raymond Lulle, le philosophe et historien algérien Ibn Khaldoun, le poète sicilien Ibn Hamdis. Il en est de même pour les personnalités religieuses (Sidi Boumediene, Sidi Bou-Saïd, Abderrahmane At- Taâlibi…sans oublier les voyageurs chroniqueurs (Al Idrissi, Ibn Battuta, Léon l’Africain…).
La Casbah aujourd’hui semble coincée dans son projet de restauration. Une restauration qui tarde à prendre fin tellement l’opération que la direction de la culture a engagée est des plus lourdes. Elle est lourde au point de la diviser en six lots. A l’arrêt jusqu’en 2013, cette opération a bénéficié d’une réévaluation en 2014 et a été relancée en début 2015. «Ce n’est pas une restauration ordinaire, elle consiste à réhabiliter un site historique, archéologique et culturel. Ce qui nous impose un rythme long, étant donné que nous ne sommes pas à l’abri de découvertes fortuites. De ce fait, le processus de réhabilitation nous impose un travail automatiquement long», nous dira Djamel Benahmed de la direction de la culture de Béjaïa.