Une SPA pour gérer les ordures

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Une SPA pour la collecte et le traitement d’un amas de déchets, tous types confondus
Les amas d’ordures s’entassent au grand jour dans tous les quartiers quels que soient les efforts des travailleurs communaux chargés de la collecte.
Pour en finir avec une collecte aléatoire des ordures ménagères, la prolifération de décharges sauvages, le manque d’hygiène et de propreté dans les rues et les quartiers de la ville de Béjaïa, de gros moyens seront mis en oeuvre durant les prochaines années. L’Assemblée populaire communale de Béjaïa (APC) a adopté, lors de sa session tenue au début du mois, une délibération dont les termes n’ont de valeur que celle de mettre fin à la cacophonie en vigueur depuis des années.
70 milliards de centimes seront alloués au secteur annuellement et durant une dizaine d’années. Et comme l’argent seul ne suffit pas, la collectivité s’investit dans la création d’une société par actions en partenariat avec le Club 92. Elle aura pour mission la collecte et le traitement d’un amas de déchets, tous types confondus.
Il s’agit, selon le maire de Béjaïa, d’une SPA au capital social aux multiples actions, fruit d’une consultation du Premier ministère, le ministère de l’Intérieur, le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement et de la wilaya ainsi que le partenaire et ce dans le cadre d’un programme pilote envisageable pour les grandes villes d’Algérie. Une étude de faisabilité est prévue, comprenant le schéma directeur de gestion des déchets de la ville ainsi que celui du traitement, dont notamment un centre de tri, une déchetterie et celui lié aux déchets industriels. Souvent montrée du doigt pour manque de vision en matière de gestion des déchets ménagers, l’APC de Béjaïa avait tenté seule de réglementer le fléau par des arrêtés que personne n’a voulu respecter.
Conséquemment, les amas d’ordures s’entassent au grand jour dans tous les quartiers quels que soient les efforts des travailleurs communaux chargés de la collecte. Au plan wilayal, la situation n’est pas aussi reluisante du fait des oppositions multiples, les initiatives du secteur de l’environnement dans le cadre de l’élaboration de schémas directeurs de gestion des déchets municipaux, la réalisation de centres d’enfouissement technique et de décharges contrôlées, ainsi que la réalisation de centres de tri, n’ont pas pu être concrétisés à cause «des oppositions citoyennes». Le cas de la fermeture du Centre d’enfouissement technique (CET) de Sidi Boudrahem, réalisé avec un montant de 250.000.000 DA et mis en exploitation en août 2015 et celui des deux autres CET, projetés respectivement à Tinebdar et Draâ El Caïd, inscrits sur les fonds propres du secteur de l’environnement, qui ne seront pas encore lancés de sitôt sont à ce titre assez illustratifs. Il en est de même pour les décharges contrôlées prévues à Akbou, Boudjellil, El Kseur et Béni Ksila. Il va de soi que toute politique qui ne sera pas appuyée par des campagnes de sensibilisation et de communication est vouée à l’échec. A ce titre on assure que des mesures accompagneront ce projet pilote dont ont fortement besoin la ville de Béjaïa et l’ensemble des grandes villes du pays et pourquoi pas par la suite les centres urbains de moindre importance?
La réussite de cette initiative peut faire des émules et conduire à une gestion saine et efficace des déchets ménagers et industriels.