Trois jours de fête autour de la prune à Lâalam

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La fête de la prune a débuté mardi à Lâalam (à 50 km à l’est de Béjaïa) avec la participation d’une trentaine d’exposants et une flopée de producteurs, tous venus avec le motif et le même enthousiasme faire de ce rendez-vous une occasion de partager mais aussi de communion autour de ce fruit devenu emblématique dans toute la région.

Nichée aux pieds de la chaîne montagneuse des Babords, à cheval entre Béjaïa, Jijel et Sétif, la localité, qui a subi ces dernières décennies de grandes épreuves, dont l’épisode du terrorisme et un violent tremblement de terre, a repris à vivre en faisant de la prune, son fruit fétiche.

Partout où le regard se porte, il n’y a que vergers et jardins, tous dédiés à la prune. Et quelle prune! « C’est peut-être la meilleure du pays », tranche péremptoire Da Said, un pruniculteur dont chaque arbre lui a assuré une cueillette de plus de 2 quintaux avec des calibres et grosseurs inédits. De quoi, d’emblée avant même la fin de la campagne, s’assurer de revenus substantiels pouvant aller jusqu’à un million de dinars.

« Cette année la cueillette a été particulièrement abondante », se réjouit-il en pensant aux 300 producteurs de la région, qui « tous vont y trouver opportunité à prendre une aile ou une cuisse ». Car même, ceux qui disposent de petits vergers et qui n’offrent pas de qualité singulière, croit-il savoir, vont « pouvoir dégager de bons niveau de revenus ».

A la maison de jeunes du village qui abrite les expositions, le visiteur est d’emblée happé par l’éventail des variétés présentées et la qualité du fruit, calibrée, colorée sucrée et parfumée. « C’est un fruit du paradis », plaisantera Da Said, mais qui n’en pense pas moins en offrant à la dégustation ses Mirabelles, ses Santa-Rosa et l’Algéroise, une nouvelle variété ramenée d’Alger qui, cette année, a gagné une foule d’adeptes.

Mi-rouge, mi jaune, d’une grosseur moyenne et très juteuse, elle est la star du moment en effet, comme en temoigne la forte demande qui la caractérise.

Certains ont déjà à l’idée d’en multiplier la culture et de la destiner pour l’essentiel à la fabrication de jus naturel. Les essais sont concluants, selon la subdivision des services agricole de Souk-el-Tenine,

qui affirme que sur les startings blocks y figurent déjà plusieurs producteurs, pour peu cependant que les conditions d’encadrement des vergers soient améliorées. Ici, bien que la région baigne entièrement dans les rivières et les sources d’eau, paradoxalement, l’agriculture reste très mal arrosée, à cause de problèmes d’irrigations évidents, déplore un membre de l’union locale des paysans.

« Si l’eau était jugulée et les pistes agricoles disponibles, le potentiel agricole local a de quoi nourrir toute la région voire plus. Nous avons même la possibilité d’exporter », a-t-il affirmé, s’adressant essentiellement aux services de l’administration agricoles et des forêts pour réfléchir sur les voies et moyens d’en tirer le meilleur profit.

Makhlouf Laib, directeur des services agricoles, visiblement heureux de cette fête, a promis d’organiser durant ce mois de juillet une journée technique sur la prune et voir avec les professionnels les opportunités qui s’offrent pour un développement global de la filière. « Nous apporterons l’aide et l’encadrement requis. Nous sommes prêts », souligne-t-il.

Quoiqu’il en soit au-delà de cette célébration, la fête de la prune a donné lieu à plusieurs festivités et animation aux visiteurs et aux habitants de la région, notamment aux enfants conviés à des randonnées pédestres à travers les rivières et les champs, à la cueillette du fruit et à des concours de dessins, tous célébrant, dans la bonhomie, la prune devenu emblématique de Laalam.