Trois mois après les élections locales : Quel sort aux APC bloquées ?

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L’administration qui a pour tâche de veiller à la pérennité de la mission publique va-t-elle se substituer, comme le prévoit la loi, aux APC bloquées, afin de ne pas pénaliser le citoyen ?

C’est la question qui taraude les citoyens de plusieurs localités dans la wilaya de Béjaïa, trois mois après les élections locales du 23 novembre 2017. Cet état de fait est palpable dans plusieurs communes de la wilaya qui demeurent à ce jour sans exécutif. Ainsi, les communes d’Oued-Ghir, Darguina, Tichy, Souk El-Tenine, Aokas, Taourirt-Ighil, Adekar, El Flaye et Boudjelil, qui, elle, n’a carrément pas connu le vote du 23 novembre 2017, sont toutes dans une situation confuse. Les maires de ces municipalités ont eu des majorités relatives. Mais ils se sont retrouvés seuls en l’absence de consensus au sein des élus. Ces APC se retrouvent, par conséquent, dans une situation de blocage, où même le versement des salaires des travailleurs se trouve retardé. Aujourd’hui, ces maires et les observateurs se sont rendu compte que l’article 65 n’a fait que compliquer davantage les choses, alors qu’elles (mairies) l’étaient déjà même avec les fameux amendements introduits en 2012 : la loi organique 12-01 portant régime électoral, surtout dans son article 80 qui abroge l’article 65 du code communal. À vrai dire, selon la loi, les présidents des commissions et les vice-présidents sont proposés par le P/APC. Mais leur élection doit se faire en plénière et avec la majorité absolue des voix des membres de l’APC. Ce qui implique que les amendements du code communal de 2016 et le retour de l’article 65, bloqué pour rappel en 2012 suite à une modification dans la loi organique portant régime électoral, n’ont apparemment rien réglé. La future révision du code communal, prévue pour le premier semestre 2018, tiendra-t-elle compte de ses «manquements»? Aussi, il y a lieu de relever que si dans d’autres mairies les exécutifs ne sont pas encore installés, faute de consensus entre élus, le cas de la commune de Boudjellil, lui, est tout singulier. En effet, le scrutin pour les élections locales du 23 novembre 2017 fut interrompu dans cette localité, après la destruction de plusieurs urnes. Celle-ci est gérée, présentement, par le secrétaire général de l’APC. Là aussi, la perspective de voir se dérouler une élection partielle demeure une équation à plusieurs inconnues. Cette situation de blocage qui prévaut dans plusieurs municipalités de la wilaya de Béjaïa va-t-elle engendrer ses dissolutions ? A noter que le plan d’action du gouvernement d’Ahmed Ouyahia, attendu avec impatience, prévoit la révision prochaine des codes communaux et de wilaya.